Tennis-mag #112 - Août 2018 Tennis-mag #112 - Page 29

Le sauveteur à la piscine du parc lui sert de partenaire d’entraînement deux ou trois fois par semaine avant le début du camp à 9 h. Et comme si ce n’était pas suffisant, elle échange aussi des balles au moins trois fois par semaine avec son oncle Maurice après les heures de camp! L’été suivant, son grand-père maternel affirme : « Elle est prête à jouer des tournois. » Et il faut croire qu’il avait du flair… chez les 16 ans et les 18 ans. En 1965, année où elle remporte les Internationaux de tennis junior du Canada, elle sera sacrée meilleure joueuse junior du pays et fera son entrée, à 17 ans seulement, dans le Top 10 du classe- ment général canadien. Elle restera dans ce peloton de tête durant 12 ans, soit jusqu’en 1976. Durant neuf ans, de 1967 à 1975, non seulement sera-t-elle la seule Québécoise à faire partie de ce groupe sélect, mais elle sera également indélogeable du Top 3 national. En 1970, elle sera couronnée Reine du tennis canadien et atteindra ainsi son rêve ultime. Ayant peine à retenir ses larmes, elle relate son match contre la Torontoise Jane O’Hara en finale du Championnat canadien fermé disputé à Toronto. Lors d’un tournoi pour les 15 ans disputé au Club de tennis Monkland, elle fait ses débuts… à 13 ans! D’entrée de jeu, Andrée surprend rien de moins que la première favorite du tournoi, avant de s’incliner au tour suivant. Quelques semaines plus tard, elle est couron- née championne chez les 13 ans du Québec « Je perds la première manche 6 à 4. J’ai joué et… du Canada! mon meilleur tennis et je ne suis pas capable PRIORITÉ TENNIS de jouer mieux que ça. Le match se poursuit L’été suivant, elle demeure à Montréal afin de et je gagne le deuxième set. Durant la pause se consacrer pleinement au tennis. Le matin, règlementaire de 15 minutes, je vais dans le c’est au défunt Club Le Manoir, dans Notre- vestiaire. En revenant, quelqu’un me lance en Dame-de-Grâce, qu’elle s’entraîne. En début anglais : ‘’Tu ne pourrais jamais avoir une d’après-midi, elle poursuit au Mont Royal Tennis meilleure chance!’’ Et je lui réponds : ‘’Je le sais.’’ Je suis alors plus consciente. Jane avait Club avant de se rendre au Monkland. senti la pression. J’ai continué à jouer du beau Et comme ce n’était pas suffisant, elle frappe tennis et, quand j’ai gagné, je me suis dit : ‘’j’ai des centaines de balles sur le mur, motivée atteint enfin mon objectif’’. J'étais tellement par la musique qui est diffusée à tue-tête de contente. » son « transistor ». « Mon grand-père m’avait fait lire un article sur Jane « Peaches » Bartkowicz, O’Hara et Martin mettront ensuite leur rivalité joueuse numéro un aux États-Unis, qui a appris de côté afin de remporter le titre en double. le tennis sur le mur. Elle frappait 1 000 coups À cinq autres reprises au cours des six années par jour. Moi aussi, j’allais en frapper autant. suivantes, Andrée enlèvera les honneurs en double lors de ces championnats, soulevant J’en ai donc frappé des coups sur le mur! » encore trois fois le trophée aux côtés d’O’Hara. RAPIDEMENT DOMINANTE Andrée Martin aura été active sur la scène provinciale, nationale et internationale. En 1962, elle occupe la tête du classement national chez les 14 ans. Deux ans plus tard, en 1964, elle répétera l’exploit, simultanément L’AUTODIDACTE Les performances d’Andrée Martin lui auront valu d’être admise aux panthéons des sports du Québec, du tennis québécois et du tennis canadien. Ayant évolué dans des conditions OUA IS. J E J . S AI FR APP E J . T ROISÉ OR C F É D S , I T A DROI A IL L ERDRE V P P A U À R O T C U E 0 %.  O N J 0 U R 1 S E I S I N N A A O G  M V A VAIS, M AS À G AIS. J’A U P S O S U I P M A E A S J JE M’ NE P EN CE QUE E T J U . O E T L R AB D ONNE INCR OY À T N E EUL EM S S I A M Lors d’un voyage en Afrique du Sud, en mars 1972 (à l’âge de 22 ans) alors qu’elle jouait pour le Canada en Coupe Fed au Ellis Park de Johannesburg. qui n’étaient pas optimales, ses exploits sont d’autant plus méritoires. Outre quelques leçons privées reçues ici et là, Andrée Martin n’a jamais eu de véritable entraîneur! Et, contrairement à ses principales adversaires ontariennes et britanno-colombiennes, dont O’Hara, Susan Stone et Janice Tindle, ce n’est qu’à de très rares occasions qu’elle a pu s’entraîner au Québec dans des installations intérieures durant l’hiver, et ce, jusqu’à l’arrivée des premiers clubs de tennis intérieur véritablement accessibles. Mais a-t-elle eu accès au Montreal Indoor Tennis Club? « Le Montreal Indoor? Ah ben non. C’était seulement réservé à une certaine clientèle et surtout pas les femmes! Toutefois, vers l’âge de 15 ans, grâce à l’initiative de Thérèse Blais (Élie), je jouais le vendredi, de 19 h à minuit, dans le gymnase de l’école St-Luc. La surface était très rapide et multilignes, mais nous étions contents de jouer durant l’hiver. » « Est-ce que je rêvais à une carrière interna- tionale? Bien sûr que non. Mon rêve quand j’étais jeune? Si je peux devenir championne canadienne, je vais être bien con FVFR&6PVRRf2FWBRFRWFW"Vf@FW2VG&:WW'2'2VRR( Vf22दR( VG&:2":RR( :F20&VL:fV :R( W&2 :L:VRVWW&PVWW6R6( f2WRVVG&:WW"R67FFPVW&N( VVRRf62FVW'2:P66R7W"RFW'&( W'6RV( WfW'B( W7&B* +**2RG&f2f'BRg&2RV2दR( W62( f2V6WG&BL:7&<:7&&RRRV622 :vvW"R :W&G&R26WVVVB :FW"FWB6RVPRWf2R* +FV2r+";B#"FV2\:&V0#