PixaRom Sep.2014 - Page 57

PORTAIL MULTIPLAN B onheur à vous, lecteur. Pour ce mois-ci je vais vous parler d’un film d’animation hélas peu connu : La Planète Sauvage, aussi appelé Fantastic Planet chez les Anglais, sortis en 1973. Mais qu’est ce donc que cette chose ? Et bien avant de commencer toute critique, venons aux bases… à savoir le livre dont est tiré ce film. Allez, zou, changement de rubrique. Stephan Wul (de son vrai nom Pierre Pairault) est un auteur Français ayant vécu de 1922 à 2003. Ce qui est assez étonnant, c’est qu’il ait écrit onze livres de science fiction (il aurait dû en écrire un de plus, ça aurait été plus symbolique) pour finalement changer de métier : dentiste. Vu le peu d’auteur de SF que nous avons, il se place donc facilement comme l’un des meilleurs auteurs et son livre le plus connu reste Niourk, que j’ai lu et que je vous conseille vivement ! Une autre de ses œuvres ayant marqué est Oms en série (écrit en 1957), et c’est lui qui nous intéresse. « Coucou qui c’est ?! » Divisé en trois parties, le roman nous raconte l’histoire de Terr, un Om de compagnie qui fait la joie de Tiwa, une jeune fille Draag. Sur la planète Ygam, les Oms sont des animaux que l’on achète et que l’on domestique pour se divertir. Heureusement, Terr va bénéficier des cours de Tiwa et grâce à l’intelligence acquise, il prendra conscience de sa valeur d’être humain. Ainsi il fuira les Draag et avec « Bijour, on est venu pour le festival de Canne, c’est ici ? » l’aide d’Oms sauvages, ils lutteront pour la liberté et la reconnaissance de Je ne vais pas faire le synopsis du film, c’est leur espèce. exactement la même que pour le roman. Niveau ressemblance avec celui-ci, il est assez fidèle à Intéressant n’est-ce pas ? Ne vous réjouissez quelques détails près. Le film se concentre surpas trop vite, les parties sont d’intérêt décrois- tout sur la première et le début de la deuxième santes. L’idée d’inverser le rôle des hommes avec partie, tout le reste est modifié et expédié dans les animaux est intéressante et sera un thème les quinze dernières minutes. réutilisé par Pierre Boule avec son livre La plaDe ce fait, on peut constater un bon point nète des singes, sorti plus tard, en 1963. venant de cet adaptation, c’est d’avoir repris les Si la première partie nous expose la société meilleurs moments du livre en retirant ce qui Draag et les hommes réduits à l’état de bête était peu intéressant. domestique, la suivante sera plus mouvementée, pour finalement s’achever sur une dernière Mais il y a tout de même un petit problème : partie bien fade, la faute à une certaine lenteur il y a quelques scènes de remplissage qui n’ont et répétitivité dans l’action et une fin ultra pré- aucun intérêt. Soit c’est de la méchanceté gravisible, il ne manquerait plus que le « tout est tuite, soit c’est pour développer le background. bien qui finit bien »... Des exemples ? Cependant, cela reste un livre qui fait Question méchanceté, le film à un univréfléchir, qui propose un univers original et ers assez malsain et à certains moments le dans l’ensemble reste facile et plaisant à lire, témoigne, tel une scène de transition très donc je vous le étrange représentant une sorte de visage recommande enfermé dans une cage, et grâce à sa trompe tout de même. qui lui sert aussi de bras, il attrape une espèce Et ceux qui d’oiseau qu’il secoue dans tous les sens puis jette crachent sur par terre et se met à rire lentement en voyant les adaptations tous les cadavres de la même bête. Aucun intéde livres en rêt scénaristique, ça aurait pu être coupé que ça films, vous ver- n’aurait rien changé. rez qu’il peut y avoir des avanConcernant le background, c’est surtout au tages, surtout début du film quand Terr est dans sa famille de quand il s’agit Draag. Par exemple, Tiwa s’amuse à lui faire des de modifier ce frayeurs en lui envoyant un petit nuage téléqui fait défaut, guidé qui produit des orages. donc ici la fin. La méditation, une idée originale qui caractérise bien l’univers Ça me rappelle les Tex Avery... l’humour en moins. Bon, quand je parle de background, il y a par exemple une scène qui montre que la planète Ygam possède ses propres saisons, comme celle de la cristallisation, une séquence visuellement belle. De ce fait, le film est parfois un peu plus complet que le livre, puisque l’on voit le quotidien des Draag : leur alimentation, leurs occupations, etc. Venons-en au fait, La planète sauvage n’est clairement pas un film tous publics, ou du moins, à ne pas mettre entre toutes les mains. Le film est assez marquant, non pas dans son histoire et ses dialogues mais plutôt pour ses images qui n’hésitent pas à exposer une cruauté rarement vue dans un film d’animation dans les années 70. Sans spoil, l’ouverture du film suffit à lui seul à vous mettre dans le ton : une pauvre femme nue coure dans une plaine étrange, puis une main lui fait des pichenettes qui la font tomber, s’amuse à la bloquer, puis achève la pauvre femme en la soulevant et en la jetant au sol. Le film possède aussi son lot de scènes un peu gores, comme celui où Terr doit prouver sa valeur pour la tribu de l’arbre et se retrouve à faire un combat de monstre où l’on voit l’adversaire mourir l’épaule en sang. 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