Montréal pour Enfants vol. 17 / nº 2 - Printemps 2017 vol. 17 n°5 Automne 2017 - Page 50

50 éducation www.montrealpourenfants.com Aider les enfants à développer les compétences du 21 e siècle par le jeu « Un chien sait-il qu’il est un chien ? », « Devrions-nous libérer tous les animaux des jardins zoologiques ? », « Peux-tu toucher à quelque chose sans le voir ? », « Qu’est-ce qu’un arbre pourrait te dire » « Si une partie de toi est en feu, es-tu en feu ? » Humm... Pas besoin d’avoir des connaissances encyclopédiques et tous les joueurs peuvent répondre à tour de rôle à ces questions qui font appel à la logique et à l’imagination à partir d’images drôles ! Ces questions tirées du nouveau jeu Apprenti- sage misent sur la nouvelle conception de l’intelligence qui transcende le quotient intellectuel (QI). Selon l’éminent psychopédagogue américain Robert Sternberg, l’enseignement des « habiletés de sagesse 1  » s’avère une nécessité dans l’ère informatique et des réseaux sociaux du 21e siècle. Il s’agit des compétences de la pensée critique et créative, du dialogue, de la com- munication et du débat collaboratif. Ces compétences apprennent à poser les bonnes questions pour résoudre des problèmes avec flexibilité et rigueur et à construire un mieux vivre ensemble alors que les enfants évoluent dans un monde interconnecté en changement constant. C’est ainsi que, dans les cadres internationaux des programmes d’éducation, les compétences les plus importantes sont celles en lien avec la pensée critique, la communication, la collaboration, la créativité et l’inno- vation, englobant les domaines cognitifs, interpersonnels, intrapersonnels (flexibilité, apprentissage continu, persé- vérance et citoyenneté). Les nouveaux bulletins scolaires mettront l’accent sur ces compétences 2 . Les compétences se distinguent des habiletés, car elles ne renvoient pas uniquement à des savoirs (connais- sances), mais aussi à des qualités interpersonnelles (habiletés sociales de collaboration) et intrapersonnelles (intuition, capacité de penser par soi-même et avec les autres de manière attentive, et de réflexion éthique) 3 . Ajoutons que ces compétences comprennent les fonc- tions exécutives du cerveau FE), le nouveau prédicteur de la réussite. Les fonctions exécutives assurent le bon fonctionnement de la mémoire de travail, la flexibilité de l’esprit, la résolution de problèmes, le raisonnement logique et la vitesse de traitement. La fonction pédagogique du jeu Le grand philosophe Platon avait conseillé de garder les enfants aux études par le jeu pour permettre « de discerner les capacités naturelles de chacun 4  ». Les recherches scientifiques sur l’impact des jeux sur le développement de l’intelligence et la vitalité du cerveau confirment l’enseignement de Platon. Elles démontrent que les jeux améliorent le fonctionnement de la mémoire et des capacités cognitives, la force et la neuroplas- ticité du cerveau lui-même, de la même manière que l’exercice physique rend le corps fort et le maintien en bonne forme 5 . Dans son ouvrage Super Better, Jane McGonigal résume une décennie de recherches scientifiques sur les façons dont les jeux régénèrent les neurones et améliorent la performance du cerveau, en nous rendant plus forts, plus heureux et même plus courageux et résilients face à la dépression. Son livre démontre que l’état d’esprit de jeu (the gameful spirit) — une attitude de plaisir, engagée dans la résolution collaborative de problèmes ‒ est notre plus grand atout face aux problèmes sociaux, écono- miques et environnementaux du 21 e siècle 6 . Le professeur Jason Howard de l’Université Viterbo, aux États-Unis, abonde dans le même sens. Il démontre que