Montréal pour Enfants vol. 17 / nº 2 - Printemps 2017 vol. 17 n°5 Automne 2017 - Page 4

4 édito Movember… > NO!vember Après le temps des pommes, voilà venu le temps des moustaches ! Tous ces hommes qui déam- bulent comme si nous étions dans les années 1970 indiquent ainsi leur soutien à la cause des maladies masculines, dont le cancer de la prostate. Bien que j’en soupçonne certains de simplement vouloir porter une moustache sans se le faire reprocher par leur conjointe, je pense que ce signe distinctif a sa raison d’être pour sensibiliser et pousser à l’action. NON au maquillage quotidien et aux manucures, parce que chaque fois que j’y investis du temps, j’ai l’impression de perdre mon énergie. Et si, cette année, vous créiez votre Movember féminin ? Je vous suggère de lutter contre une maladie typiquement féminine, mais qui atteint aussi certains hommes : la « oui- ite », en d’autres termes, le fait de répondre oui, souvent à regret et au détriment de soi, à toutes les demandes. C’est le temps du NO!vember ! Dire NON aux tâches superflues et à une maison digne de magazines de décoration, c’est dire OUI à davantage de temps investi sur vos relations plutôt que sur vos rénova- tions ou votre ménage. De toute manière, qui peut avoir une maison vraiment étincelante et rangée si des enfants y habitent? Bien que le mot OUI soit le plus positif qui puisse exister sur Terre, l’usage du mot NON me semble essentiel lorsqu’on est parent. Cependant, sous chaque NON exprimé se cache tout de même un OUI, comme vous le verrez ici. En fait, dire NON aux autres, c’est souvent se dire OUI à soi. Bien que cet élan de répondre aux autres paraisse tout à fait louable et altruiste, chacun demeure le premier responsable de ses besoins et il faut d’ailleurs distinguer un besoin (général) d’une demande (précise). Vous pouvez consentir aux besoins de vos enfants sans acquiescer à toutes leurs demandes. Et vous pouvez aussi vous mettre en priorité, si dire OUI vous gruge inutilement de l’énergie… Dire NON aux invitations sociales qui vous tentent peu (et exigeraient en outre de préparer les enfants, de les cou- cher plus tard au retour et d’endurer les sautes d’humeur qui les accompagnent), c’est dire OUI à une fin de semaine plus reposante et tranquille. Personnellement, je refuse la majorité des invitations parce je dis OUI au repos le week- end, et pour moi le repos équivaut à me déplacer le moins possible. Je préfère convier les gens chez moi. Dire NON aux dictats de beauté imposés par la société, c’est simplement dire OUI à ce qui vous permet de prendre soin de vous dans un cadre plai sant et non obligatoire. Quant à moi, je dis OUI au sport et OUI à une saine ali- mentation, parce que j’adore bouger et bien manger, mais Dire NON aux activités d’enfants qui vous plaisent peu (comme jouer à la poupée ou aux superhéros, dans mon cas), c’est dire OUI aux jeux qui vous branchent aussi (comme le dessin ou le jeu d’UNO, dans mon cas) et donc dire OUI à un vrai moment de qualité en toute présence. Enfin, tout cela pour dire qu’en novembre, l’occasion est là de commencer à dire NON, si ce n’est pas déjà le cas. Dites OUI au NO!vember ! Vous en constaterez rapide- ment les effets positifs et je suis prête à parier que vous continuerez en décembre…  Anik Routhier Enseignante en Techniques d’éducation à l’enfance et maman