JUIN 2015_NO.5 - Page 4

ÉDITO RIAL A ccepter de voir 4 patients à l’heure dans un contexte de traitement individualisé… Éviter de réévaluer périodiquement ses clients en réadaptation fonctionnelle … Ne pas établir d’objectifs fonctionnels … Prendre un stagiaire pour réduire sa tâche de travail … Intervenir auprès d’un client à raison de 4-5 fois par semaine durant des mois … Modeler son propre jugement clinique selon les désirs de l’agent payeur … Que vous soyez finissant ou expérimenté dans le domaine ergothérapique, je constate que personne n’est à l’abri de vivre ces situations. Dans la frénésie occidentale actuelle, au sein de nos milieux de travail, le temps pour analyser et prendre une décision réfléchie semble diminuer … Mais à qui la faute ? Difficile de blâmer notre employeur, notre milieu universitaire ou la compagnie d’assurance qui nous a mandaté pour un service. Notre employeur désire rentabiliser son entreprise, notre milieu universitaire nous a formé de manière assidue afin que nous volions de nos propres ailes et l’agent payeur ne connaît pas toujours la nature de notre travail d’ergothérapeute. Par contre, nous pouvons remettre en question certaines valeurs véhiculées, certaines manières de faire … L’évolution est requise pour l’amélioration continue. Pour cela, il faut prendre un temps d’arrêt et réfléchir à ses propres valeurs, établir ses propres limites et les véhiculer aux moments opportuns. Vous pourriez être surpris de la réaction de votre auditoire ; vos collègues pourraient vous appuyer dans vos démarches, votre employeur pourrait accepter de se remettre en question et l’agent payeur pourrait être heureux d’en apprendre davantage sur notre profession. Le dialogue permet souvent de retrouver l’équilibre. Et si, par malheur, le consensus n’est pas possible, songez aux autres options. Contactez l’Ordre. Demandez l’opinion de votre partenaire de vie. Écrivez à vos anciens collègues universitaires. Changez de milieu de travail. La pression peut venir de toutes parts mais, dans ces contextes controversés, rappelez-vous des raisons qui vous ont poussé à devenir ergothérapeute. Écoutez votre petite voix intérieure ; elle ment rarement. Voir 4 patients à l’heure peut vous amenez à devenir insatisfait de votre travail … Éviter de réévaluer régulièrement les clients peut vous faire perdre de vue leurs besoins … Ne pas établir d’objectifs fonctionnels peut rendre vos interventions futiles … Prendre un stagiaire pour réduire vos tâches de travail peut engendrer une plainte de sa part … Intervenir de manière excessive auprès d’un client peut nuire à son équilibre de vie … Modeler son propre jugement clinique selon les désirs d’une tierce personne peut enclencher une erreur professionnelle … Je vous mets au défi de vous accorder 10 minutes lors de votre prochaine journée de travail afin de réfléchir à vos valeurs en tant qu’ergothérapeute. Prenons ce très court moment de réflexion pour notre mieux-être professionnel à tous ! 04 Danielle Boivin, erg. [04_024] fondatrice + rédactrice en chef revue.erg.go@gmail.com 05