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INNOVATION [ SUITE ] L’ERGOTHÉRAPIE ASSISTÉE PAR L’ANIMAL, UNE PRATIQUE ÉMERGENTE pour les enfants et adolescents souffrant d’un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (Katcher et Wilkins, 2000). La participation des enfants à une TAA procure un sentiment de fierté, d’accomplissement et d’utilité, un sentiment d’être plus heureux, une meilleure acceptation de la thérapie, une meilleure fidélité et motivation aux traitements, une diminution de l’anxiété reliée aux thérapies et un sentiment d’être moins différents (Landry, Bouchard et Paradis, 2000). AVANTAGES DE LA THÉRAPIE ASSISTÉE PAR L’ANIMAL POUR LA PRATIQUE ERGOTHÉRAPIQUE En présence de l’animal, l’alliance thérapeutique s’installe plus rapidement puisque les personnes accompagnées d’un animal se voient souvent attribuer des qualités similaires à l’animal comme par exemple être plus amicales, accessibles, sans préjugé, authentiques, non menaçantes, ouvertes, etc. (Arkow, 2004c; Gosselin, 2013). La présence de l’animal devient une source de motivation et de plaisir. En TAA, l’animal est également décrit comme un catalyseur, puisque sa présence et ses qualités provoquent, favorisent ou accélèrent chez le client des changements qui ne se seraient pas ou peu produits si l’animal n’était pas présent. Ainsi, il permet non seulement d’obtenir un résultat satisfaisant, mais de l’obtenir plus rapidement. De plus, grâce à cette thérapie, il est possible d’obtenir des résultats significatifs là où d'autres modalités ont échoué (Arenstein, 2013; Arkow, 2004b; Kruger et Serpell, 2010). Étant donné la motivation du patient, la bonne relation thérapeutique et la rapidité des changements, la durée du suivi ergothérapique est souvent écourtée. INCONVÉNIENTS DE LA THÉRAPIE ASSISTÉE PAR L’ANIMAL POUR LA PRATIQUE ERGOTHÉRAPIQUE Si mal utilisée avec le client, ou mal intégrée dans le programme de thérapie, cette thérapie pourrait induire des résultats négatifs et des risques pour les clients, le thérapeute, l’animal et l’établissement (Dupuis, 2012; McCulloch, 1983). En effet, lors de la thérapie, il faut assurer la sécurité du client et de l’animal en tout temps. Il faut donc partager son 14 attention entre le client et l’animal. D’autre part, l’utilisation de la TAA requiert plus de temps et d’investissement de la part du thérapeute, mais également une organisation différente de l’environnement, contrairement à d’autres modalités, ce qui produit une charge de travail supplémentaire. Voyelle APPLICATION DE LA TAA DANS LE MODÈLE CANADIEN DU RENDEMENT OCCUPATIONNEL ET DE L’ENGAGEMENT (MCRO-E) (POLATAJKO ET COLL., 2008, P. 31-32) La thérapie assistée par l’animal est une thérapie qui s’intègre bien dans la pratique ergothérapique puisque qu’elle s’incorpore bien dans toutes les composantes du MCRO-E. L’environnement : la TAA vient ajouter un élément positif (l’animal) à l’environnement physique du client. Ce nouvel élément rend l’environnement plus familier, convivial et chaleureux, faisant en sorte que le traitement est plus agréable et permet à la personne de s’impliquer davantage dans son traitement. L’animal a également un impact sur l’environnement social du client, car la présence de l’animal dans le milieu détend l’atmosphère de travail et rend le personnel traitant plus heureux. De plus, l’animal permet au client d’avoir de meilleures interactions, en nombre et en qualité, avec son thérapeute, facilitant ainsi l’alliance thérapeutique, et aussi avec le reste de son environnement social, lui permettant d’avoir une meilleure qualité de vie et ainsi augmenter sa participation et son rendement occupationnel. Erg-go! REVUE DES ERGOTHÉRAPEUTES DU QUÉBEC JUIN 2015_NO.5 La personne : la présence de l’animal a un impact sur les dimensions physique, cognitive et affective de la personne. Cela se traduit par une diminution de son rythme cardiaque, de son niveau d’anxiété, de ses craintes et de sa résistance face à l’inconnu, la rendant donc plus apte et réceptive à recevoir le traitement (Arenstein, 2013; Dupuis, 2012; Normandeau et Rondeau, 2008; Walsh, Mertin, Verlander et Pollard, 1995). Comme mentionné plus haut, les objectifs thérapeutiques seront déterminés en fonction des besoins et caractéristiques spécifiques de la personne. Ainsi, selon la dimension de la personne à travailler pour améliorer son rendement occupationnel et sa participation dans ses activités de la vie quotidienne, plusieu