Flashmag Digizine Edition Issue 96 August 2019 - Page 34

.............34..............

Flashmag August 2019 www.flashmag.net

Puisque c'est ainsi

DARIUS DENON

Excerpts

mannequins célèbres à la peau noire qui étaient très présentes sur les défilés, mais peut-être moins dans la publicité, c’est ce qui a changé sans doute. Encore une fois c’est un progrès qui me réjouis et qui montre que parfois les choses avancent…

Était-il plus facile de passer de mannequin, à créateur de mode et en tant que créateur de mode avez-vous essayer de corriger certains inconvénients que vous aviez subi en tant que mannequin ?

Non passer de mannequin à créateur de mode n’a rien d’évident et il y a très peu d’exemples de réussites… Ines de la Fressange excepté peut-être…Je ne peux pas me plaindre de mauvais traitements quand j’étais mannequin, donc je n’ai rien à corriger, mais c’est vrai que je suis sans doute plus fidèle avec les mannequins avec qui je travaille que la plupart des créateurs.

Africain connaisseur aguerri des milieux de la mode, à votre avis qu’est ce qui manque pour que la mode africaine et noire en général atteigne son plein potentiel ? des structures de production et un marché constitué d’Africains et d’Afro descendants qui s’intéressent à la mode et consomment les créations de leurs semblables, ou une adaptation des créateurs de mode Afros au désir des consommateurs de la mode ?

Les deux : pour que la mode africaine se développe il faut que se mette en place un écosystème complet qui va de la production de textiles à la fabrication de vêtements et d’accessoires, à la mise en place d’un vrai marché avec distribution et acheteurs en passant par la formation. Il est clair qu’il est très important que les consommateurs africains commencent par consommer les créations de leurs créateurs pour que cela puisse se développer.

Mais si les créateurs africains veulent aussi vendre sur le marché international, il faut également qu’ils s’adaptent. Pas seulement en terme de créativité, parce qu’ils doivent apporter une vision neuve et singulière pour réussir, mais en terme de standard de qualité, de respect des délais …etc.

A l’ère du numérique vos créations sont depuis disponibles sur Lago54.com, en quoi les ventes sur internet ont fondamentalement influencé votre conception du métier de créateurs de styles fallait il adapter vos œuvres au format plus en vogue chez les internautes ?

Cela n’a pas influencé mes créations, mon style…etc. Pour moi c’est juste une nouvelle manière de distribuer et de toucher de nouveaux consommateurs. Mais ce que je veux raconter, les vêtements que je veux créer, c’est ce qui est fondamental pour moi et je veux le préserver, quelque soit la manière dont je vends ensuite ces créations.

Ça fait près de 30 ans que vous êtes dans la mode s’il fallait donner un conseil aux jeunes qui veulent se lancer dans le domaine que leur diriez-vous ?

Il faut absolument se former. La mode est une industrie très complexe aujourd’hui, que l’on ne peut plus aborder sans avoir fait des études pour cela.

A moment de clore cet entretien avez-vous un mot spécial envers le public et quelle est votre futur agenda ?

Mon agenda est : je poursuis ma route….

Imane Ayissi Flashmag et son lectorat vous disent merci pour cet entretien, cordial et ouvert, bonne continuation.

Propos Recueillis par Hubert Marlin

Journaliste