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ps y c h o Le nombre de femmes célibataires a bien augmenté au fil des générations, certains parlent de phénomène social, d'autres de choix personnel. Pour les pays arabomusulmans, ces femmes subissent et souffrent d'une forte pression sociale et familiale. Entre l'accepter soi-même et supporter la pression de l’entourage, voici quelques conseils pour mieux vivre le célibat. En Tunisie comme ailleurs, les femmes sont souvent conditionnées à croire que la finalité d'une vie est de se marier, avoir plein d'enfants et se dévouer à les faire grandir. On a beau être éduquée, cultivée, faire de grandes études, cette idée reste bien ancrée dans notre petite tête. On a peur de prendre de l'âge, de devenir indésirable, de finir sa vie toute seule et ainsi de « rater sa vie ». Dans cette première partie, on va d'abord adopter une meilleure façon de visualiser la vie afin de dédramatiser la situation et surtout de s'épanouir en étant célibataire. Par la suite, on va apprendre à mieux répondre et à mieux prendre les critiques et remarques de nos proches. Célibat, Comment gérer 96 la pression sociale? Parce que la pression vient avant tout de nousmêmes ! Il y a deux sortes de célibataires ; celles qui le sont par choix et celles qui n'ont simplement pas trouvé la bonne personne. Bien évidemment, les premières ont plus de facilité à le vivre car elles sont en phase avec leur situation et c'est ce qui fait justement défaut aux autres. Le travail consiste donc à assumer son célibat. Célibataire, on a souvent tendance à s'accabler de reproches, de remords et à retracer les relations amoureuses antérieures. Un manque de confiance en découle, ce qui représente un vrai frein pour notre épanouissement. Il est donc important de prendre soin de soi, physiquement et mentalement. Pour ce faire, on s'occupe de soi-même, on s'offre des petits plaisirs, on apprend à s'aimer et à se connaître. Concernant le vide qu’on peut ressentir, on le remplit en multipliant les activités ; du sport, du bénévolat, des soirées entre amis, des voyages… Le regard qu’on porte sur la femme est très important. On se doit d'éveiller en nous une mentalité propre à la génération dans laquelle on vit. Si certains pensent qu'une femme est bonne à être une épouse et une mère, le monde, lui, a changé. De nos jours, et même depuis bien longtemps maintenant, la femme fait des études, travaille, évolue, crée, construit et vit pleinement sa vie. Si on se rabaisse à accepter la misogynie de la société, si on s'aligne à ses injonctions archaïques et sottes, on n'arrivera pas à évoluer. On se doit de se rappeler qu'une femme a autant le droit qu'un homme de prendre son temps pour fonder une famille. On doit simplement se libérer des obligations que nous ont octroyé la société, notre famille et nous-même s. Rien de mieux que de se rappeler les avantages d’être célibataire  : indépendance, autonomie, moins de responsabilités, plus de temps libre, plus d'argent pour soi, moins de casse-têtes, le simple plaisir d'une rencontre, aucun engagement, la liberté ! Ne pas se comparer aux autres : il est certain que le fait d'être entouré de personnes mariées influence nos envies. On commence à se comparer, à envier la vie des autres et à rêver d'entrer dans le même moule. Ce qu'il faut savoir, c'est que la différence a ses avantages et aussi son charme. Si on y réfléchit, quelle monotonie d'être comme tout le monde ! Autre chose à ne pas oublier et qui n'est pas des moindres, les personnes en couple envient la vie des célibataires. De quoi se sentir mieux! Garder la foi  : assumer son célibat ne signifie pas faire une croix sur les relations amoureuses et se résigner à une vie solitaire. Au contraire, assumer c'est rester positive sur les futures rencontres et profiter de sa situation pour en faire de nouvelles, pour également séduire et se sentir belle et désirée. On évite donc le cliché de la célibataire dépressive. « L’enfer, c’est les autres » Jean-Paul Sartre On a beau essayer d’assumer notre situation amoureuse, la famille et les amis reviennent souvent à la charge pour en rajouter une goutte. Certains par bienveillance, comme les parents qui s'inquiètent pour notre futur, d'autres par sadisme ou d'autres encore pour se rassurer sur leurs propres choix personnels et dompter leurs insécurités psychologiques. Pour les plus proches, on ouvre le dialogue. On leur fait part du mal engendré par leurs remarques et leçons de morale. Et on insiste sur les aspects positifs de notre vie. Malheureusement pour les autres personnes, il n'y a pas de formule magique. Certains psychologues conseillent de ne pas justifier son célibat, d'autres proposent de détourner l'attention à chaque remarque ou question et d'autres encore conseillent simplement de s'éloigner des personnes toxiques.  Neila Yaakoubi 97