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c u lt u r e « Zizou » Les Journées Théâtrales de Carthage auront lieu cette année du 18 au 26 novembre pour la 18ème édition. Une pré-ouverture régionale se fera à Sfax dans le cadre du grand événement panarabe, Sfax Capitale Culturelle Arabe. Férid Boughedir Vingt ans après son dernier film, « Un été à la goulette  », Boughedir nous revient avec «  Zizou » et son parfum de printemps. « Zizou », comme un « Noura » ou un « Jojo », une « Tina » ou une « Gigi », « Zizou » pour illustrer un personnage haut en couleur et raconter la Tunisie et notre société telle que la voit le réalisateur. « Je suis resté un amoureux de l’âme tunisienne » écrit Férid Boughedir, et ça se ressent. Nous sommes en 2010, « Zizou », le Candide tunisien est jeune diplômé au chômage. « Sa physionomie annonçait son âme » comme dirait Voltaire. Les yeux pleins de curiosité et de naïveté, Aziz débarque à Tunis pour se chercher un travail. Le Bac+2, comme il se fait appeler au Souk Moncef Bey, devient installateur de paraboles sur les toits. Au Souk, il côtoie une grande variété de personnages : le syndicaliste révolté, le vendeur islamiste, le chef de cellule du parti « ra2is cho3ba », etc. Et sur les toits, il tombe fou amoureux d’une jeune femme qui semble séquestrée par une famille proche du pouvoir. Zizou croit qu’il sera son prince charmant et qu’il volera à son secours pour la libérer, lorsqu’éclatent les prémices de la révolution tunisienne… Humour et finesse, de la malice boughedirienne et de la justesse dans l’utilisation des clichés. Car oui, « Zizou » nous en donne des clichés sur la Tunisie, mais c’est la tendresse avec laquelle c’est servi qui prime. Et ce n’est pas tant la révolution tunisienne qui y est traitée en filigrane qui attire, car d’elle nous ne ressentons que le parfum, comme le précise le réalisateur. « Zizou » n’est donc pas un énième film sur la révolution du jasmin, mais plutôt un miroir de la société telle que ressentie par Férid Boughedir. Dans « Zizou » ce qui interpelle, c’est bien l’innocence, la candeur, voire l’optimisme qui fleurit au milieu d’un ensemble d’inégalités sociales, de cupidité et de violence. Comme un message d’espoir, « Zizou » est avant tout un film poétique et drôle, dont la bande son ne fait que marquer son côté romantique. Pour résumer, « Zizou » est du Boughedir tout craché. Une formule qui marche lorsque le texte est en plus travaillé par Taoufik Jebali. Livre « Diva MotherF**** » Jihène Charrad chez Pop Libris C’est le nouveau Chick Lit signé Jihène Charrad et qui est disponible depuis la rentrée dans toutes les librairies tunisiennes. Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est un Chick Lit, il s’agit d’un genre littéraire utilisé depuis 1996 pour désigner un roman écrit par les femmes, pour le marché féminin. C’est ce que nous donne Jihène Charrad à lire. Pas tout-à-fait un roman, Diva MotherF**** est plutôt un recueil de chroniques et de tranches de vie de la Diva, personnage principal de l’ouvrage, et qui s’adresse principalement à un lectorat féminin. Pour autant, le premier livre de Jihène, qui paraît aux éditions Pop Libris, peut être lu par les hommes aussi. C’est même conseillé, histoire de savoir ce qui se passe dans la tête d’une jeune femme belle, célibataire et professionnellement accomplie. « Dans la vie d’une femme, il arrive un moment où l’on est prise d’angoisse, sans raison apparente. On vit bien, on a un bon travail, une bonne vie sociale… tout est, en apparence, 32 parfait. Or, ce sentiment d’incomplétude anxiogène persiste. Fabrice Lucchini disait, d’ailleurs, que le couple est composé d’un “Je“ incomplet qui recherche un autre “Je“ incomplet afin de créer une troisième personne presque parfaite qui est le “Nous“. Est-ce alors ce “Nous“ que je recherchais ? Peut-être, mais ce qui est certain, c’est que ce foutu instinct maternel s’est réveillé », nous confesse la Diva. Sarcastique, mais très réaliste, la Diva affiche un franc-parler désopilant tout au long de ses chroniques. Avec des références tuniso-tunisiennes, les chroniques se lisent comme on lit un Bridget Jones made in Tunisia… réussi. Car avouons-le, certains ont essayé de s’adonner au même exercice sans réussir leur version tunisienne. La Carrie Bradshaw de Jihène Charrad s’habille en Zayn et Mademoiselle Hecy et fréquente les restosbars de Tunis. Elle est sensible et fragile comme toute femme sur terre. Mais c’est surtout et avant tout une Diva, comme elle aime se présenter. Le blog à l’origine du livre est aussi simplement nommé Diva Mother Fucker (d’où le titre de l’ouvrage), lancé il y a quelques années déjà sur la toile par Jihène Charrad. Depuis, la jeune femme a muri et a réussi le pari de lancer son premier bébé, Diva Motherf**** dont nous avons l’honneur de figurer sur la 4ème de couv’. Crédit photo : Rama Abbassi 19 novembre 22 novembre n L e réviseur de Mohamed Mokhtar Louzir (Tunisie) Satire sociale à l’humour acerbe. n  Anbara de Aliyya Khalidi (Liban) Mise en lumière du début des mouvements féministes et nationalistes arabes à travers l’autobiographie de Anbara Salam Al-Khalidi. n  Un regard sur le monde de Meriam Bousselmi (Tunisie) Mise en scène de la discussion entre deux protagonistes issus de pays différents et ne parlant pas la même langue. n  In the eyes of heaven de Ruud Gielens (Belgique/Palestine) La première de cette pièce qui est en fait un monologue a eu lieu deux jours aprè s les attentats à Bruxelles. n  Roméo et Juliette de Ghazi Zaghbani (Tunisie) n E au Trouble (Kobéndé) de Florent NIKIEMA (Burkina Faso) n  Automne de Assma Houri (Maroc) Récit d’une femme atteinte de cancer qui a choisi de mener son propre combat dans un quotidien fébrile et fragile. n  Streap-tease de Moukhaled Rassem (Iraq) Histoire d’une famille irakienne déchirée par les conflits et les intérêts personnels. n  We call it love de Denis Mpunga (Rwanda) n  Les z’indépendants ré-inventent Shakespeare d’Antoine Lucciardi (France) 20 novembre n J e n’ai pas de nom de Soumette Ahmed (Comores). Un show déstabilisant, déroutant, ponctué d’humour mais aussi d’amour, d’angoisse, d’inquiétude, de peur et d’espoir. n  Paroles sublimes du Togo. Hommage au conteur et griot Sotigui Kouyaté n  Yaseem de Chirine Hijazi (Egypte) 21 novembre n T aha de Youssef Abou Warda (Palestine) Hommage à l’une des importantes figures poétiques palestiniennes, Taha Mohammed Ali. n  Stabat Mater Furiosa de Mbilé Yaya Bitang (Cameroun) n  Ghafla de Meriem Bouajaja (Tunisie) Spectacle de danse contemporaine qui porte un regard différent sur la dualité entre le corps et l’âme. n  Zay Enness de Hani Afifi (Egypte) 23 novembre n L ’arbre dieu de WEREWERE (Côte d’Ivoire) n  Suzy et Franck d’Olivier Lenel (Belgique) n  Dieu ne dort pas (Ala Tè Sunogo) de Jean-Louis Sagot-Duvauroux et Ndji Traoré (Mali). BlonBa fait un pari osé en croisant sur scène le kotèba dans sa version modernisée et la danse contemporaine. 24 novembre n F ENÊTRES SUR… de Raja Ben Ammar (Tunisie) n  Houroub (Guerres) de Hakiv Maliki (Iraq) n  La patience des morts (SANK) d’Aristide Tarnagda et Pierre Lambotte (Tunisie) 25 novembre n  La fenêtre de Majd Fadda (Syrie) n  Public d’Imen Jemaa (Tunisie) 26 novembre n  La boîte magique/Sandouk Ajab de Faouzia Boumaiza (Tunisie) 33