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confessions intimes «En 2012, j’ai épousé un Tunisien avec lequel j’ai eu une relation de 4 ans. Ma vie était un véritable conte de fées jusqu’à ce qu’il obtienne l’année dernière la carte de séjour de 10 ans. Dès ce moment, son comportement a changé. Il s’est métamorphosé du jour au lendemain. Non seulement il ne m’adressait plus la parole, mais en plus, les rares fois où il était obligé de me parler, c’était avec méchanceté. Je me suis fait avoir, je n’en reviens toujours pas.» Catherine est née dans le sud de la France. Il y a 9 ans, elle emménage en Tunisie après avoir obtenu un poste d’expatriée dans une école française. En peu de temps, elle s’intègre au mode de vie et se lie d’amitié avec de nombreuses personnes. C’est au cours de sa deuxième année d’expatriation, lors d’une soirée, qu’elle fait la connaissance de M., un jeune homme travaillant comme guide dans la médina de Tunis. Le courant passe tout de suite et ils se revoient quelques fois en tête à tête. Au bout d’un mois, le couple se forme et les sentiments deviennent de plus en plus profonds. En l’espace d’une année, Catherine rencontre la famille de M. qui très vite met le sujet du mariage sur la table. Il faut dire que la Française a déjà 32 ans, tandis que M. a 5 ans de moins qu’elle. De plus, le voisinage voit cette relation d’un mauvais œil. Lorsque M. fait sa demande en mariage, Catherine refuse. Elle ne se sent pas réellement prête à «sauter le pas après seulement deux ans de relation» et souhaite connaître davantage son compagnon avant de se lancer. M. est un peu fâché mais Catherine ne lui en tient pas rigueur, mettant cette réaction sur le compte de l’orgueil. Les nuages se dissipent et le couple vit de nouveau des jours heureux. La complicité de deux amants devient encore plus solide au fil du temps et M. a tout du partenaire idéal. Le mariage ne semblait plus d’actualité jusqu’à ce que M. fasse une nouvelle demande un an plus tard. Cette fois, Catherine surmonte ses craintes et dit oui. En même temps qu’ils célèbrent leurs fiançailles, la jeune femme constitue un dossier pour obtenir le certificat de capacité au mariage, délivré par le Consulat de France à Tunis. «A l’époque, je trouvais cette démarche absurde: mon mariage dépendait du consentement de personnes qui ne connaissaient rien à ma vie ni à ma relation. Comment pouvaient-ils juger 100 la recevabilité de notre union? Je savais que ce certificat était une étape obligatoire et nécessaire pour éviter les faux mariages, mais je ne me sentais pas concernée, se rappelle Catherine. Je me sens tellement stupide quand j’y repense... maintenant, je comprends pourquoi les autorités sont aussi strictes concernant les mariages binationaux!» Aussitôt le contrat entre les mains, Catherine et M. célèbrent leur union. Mais l’enchantement retombe très vite, M. s’absente très souvent et change radicalement de comportement, laissant Catherine dans un désarroi total. Lorsqu’elle lui demande la raison de son attitude, il répond avec détachement qu’il a l’habitude de passer du temps avec ses amis mais qu’il va changer. Seulement, c’est l’inverse qui se produit: leur relation se dégrade jusqu’au jour où M. disparaît complètement. Très inquiète, Catherine espère obtenir des informations en allant voir sa belle-famille. C’est alors qu’elle apprend que son mari l’a quittée pour s’installer en France. Totalement déboussolée et dans l’incompréhension la plus totale, la jeune femme finit par rassembler les différents indices et comprend que M. l’a épousée dans le seul but d’obtenir un sésame pour la France. «J’étais furieuse de m’être fait prendre au piège et d’avoir été trahie à ce point. Il s’est servi de moi pour s’installer en France sans se soucier de mes sentiments. Encore aujourd’hui, j’ai du mal à réaliser que ces 4 ans de relation ne signifiaient rien pour lui…» Depuis, Catherine s’est renseignée auprès d’un avocat et a déposé une demande de divorce. Pour le moment, elle n’envisage pas de renouveler l’expérience d’une relation amoureuse. «Je suis dégoûtée du mariage et il va me falloir beaucoup de temps pour que je puisse accorder ma confiance à un homme,» conclut-elle. 101