Fdt - Page 90

u’y a-t-il de plus sexy qu’une femme perchée sur des talons de 12 centimètres? A part une femme à laquelle vous venez d’enlever ses talons de 12 centimètres en même temps que sa jupe en cuir et son chemisier… Que les choses soient claires: les sandales, c’est pour la plage et les ballerines pour les lycéennes. Aucun homme digne de ce nom ne peut (ne devrait!) accorder le moindre regard à une inconnue qui s’évertue à demeurer au niveau du sol. Les femmes perchées sur des talons hauts ont une longueur d’avance. Si votre homme prétend qu’il vous préfère à plat, il ment. Voici pourquoi. Les talons sont un diktat, une soumission à la perversion des hommes, un recul de la dignité féminine face aux plus inavouables fantasmes masculins.... Oui, et alors? 92 Les talons hauts libèrent la femme en même temps qu’ils la magnifient. Ces 8, 9, 10 ou même 13 centimètres rajoutés à l’aide d’un achat souvent impulsif et parfois inconsidéré sont tout sauf artificiels. Ils sont le prolongement naturel de la féminité. Faites l’expérience: une femme entièrement nue dressée sur des escarpins est toujours nue mais se voit immédiatement dotée d’un maintien et d’une grâce imposés par l’équilibre. Elle ne peut plus se voûter ou simplement laisser aller ses épaules vers l’avant (sous peine de chuter lourdement), ses reins se creusent et son dos se cambre joliment. Le pied, incliné dans la chaussure, impose un galbe au mollet qui, étiré vers le haut, gagne en finesse le peu qu’il perd en rondeur. Tendu, le genou se fait oublier et la cuisse fuse vers un fessier dont le rôle de balancier va devenir primordial. Et par-dessus tout, la marche (c’est-à-dire la manière, Mesdames, dont vous vous exposez au monde) devient un acte en soi, comme se vêtir ou se maquiller. Vous ne marchez plus, vous évoluez. Fini la course de ménagère piétinante, le nez dans le cabas. Vos talons vous obligent à traverser la rue la tête droite et sur un rythme plus lent, cadencé par l’action du fessier décrit plus haut. La foulée s’allonge et la robe la plus banale semble avoir été cousue sur vous. Chaque pas devient une note sous le claquement du talon et, sa finesse de compas vous obligeant à ralentir encore la cadence, vous gagnez en allure. A partir de là, tout est permis. A vous le modèle violet, pailleté d’argent, version pole dance à Las Vegas! Vive cette paire dorée à semelles compensées qui sera du meilleur effet avec le mini-short de la même livrée! Comment ça? Vulgaires, ces talons métalliques que prolonge une fermeture éclair limite SM à l’arrière du soulier? Rien n’est vulgaire puisque la démarche imposée par les échasses sur lesquelles vous êtes désormais perchée vous fait gagner en arrogance aristocratique ce que vous perdez en équilibre. Je vous entends déjà m’opposer les arguments habituels des féministes en baskets: «Les talons sont un diktat, une soumission à la perversion des hommes, un recul de la dignité féminine face aux plus inavouables fantasmes masculins, etc.» Arguments auxquels je réponds: «Oui, et alors?» Ces chaussures sont dessinées par des hommes pour être portées par des femmes qui se feront détailler de la tête… aux pieds par des hommes. Est-ce que cela fait de la moitié de l’humanité des pervers avoués? Bien évidemment! Et c’est bien la destination de cet objet que même les pires créateurs de mode n’ont pas tout à fait réussi à affadir. Une chaussure à talon haut, même de piètre qualité, met sa propriétaire sur un piédestal si elle est bien portée. Et l’homme qui l’accompagne, quelle que soit sa taille, ne lui arrive pas à la cheville. Jaloux, il pourrait être tenté de s’essayer au rehaussage. Je le mets en garde: les talons hauts ont été inventés pour séparer les genres. Si les escarpins et autres salomés grandissent la femme, il paraît totalement inconvenant que des hommes en fassent usage. D’abord parce que des Louboutin ou des Jimmy Choo en pointure 45, c’est ridicule; ensuite parce que, avouons-le, ces trucs-là font super mal aux pieds… Ibn Kuzman 93