FÉVRIER 2015_NO.4 - Page 30

(Inspiration : Suite) INSPIRATION ANNIE LACHANCE, bénéficiaire d’ergothérapie en clinique privée M on histoire débute lors d’une partie de hockey sur glace, le 3 février 2013. En cette journée dominicale, j’étais loin de me douter que ma vie allait changer en chaussant mes patins ce matin-là. Alors que je patinais seule vers une joueuse adverse, mon genou droit a complètement lâché et je me suis effondrée au sol. J’ai crié d’une voix que je ne me connaissais pas et par la suite, j’ai perdu connaissance tellement la douleur était intense. J’imaginais que plus rien ne tenait et je visualisais ma jambe comme une poupée de chiffon, toute désarticulée. Après une dizaine de minutes au sol, j’ai demandé à ce qu’on me traîne littéralement hors de la glace, car j’étais tout près de la bande, ce qu’on m’a refusé. L’ambulance était en route et c’est par ce moyen de locomotion que j’allais quitter la patinoire. À l’hôpital, en attendant de voir l’urgentologue, je me disais que c’était finalement moins grave que ça en avait l’air. J’ai même marché sur ma jambe pour aller à la salle de bain. Même si je me sentais rassurée par rapport à la gravité de ma blessure, je m’imaginais mal reprendre mon travail d’enseignante au secondaire dès le lendemain et être en mesure de me déplacer d’un local à l’autre sur trois étages différents. C’est donc à ma demande que j’ai reçu un arrêt de travail pour une durée d’une semaine. Je croyais que deux ou trois jours de repos suffiraient. J’ai également été référée en orthopédie et j’ai rencontré le chirurgien orthopédiste cinq jours plus tard. Lors de l’examen physique, en poussant sur mon genou vers l’intérieur, l’orthopédiste a dit : « Y’a plus rien qui tient après ça ». Plus précisément, il diagnostiqua une déchirure du ligament croisé antérieur (LCA) et du ligament collatéral interne, en plus de lésions aux ménisques. J’étais inconsolable. Sur place, on a enlevé du liquide dans le genou afin de réduire l’œdème. Plus tard, un examen par résonnance magnétique confirmera les conclusions du médecin. 30 J’ai quitté l’hôpital avec un arrêt de travail de trois mois et une prescription pour une orthèse de genou que je devais porter jour et nuit durant un mois et demi (en réalité, ce fut plutôt quatre mois) afin de protéger le genou et surtout favoriser la guérison du ligament collatéral interne. J’étais découragée à l’idée de devoir dormir avec cet équipement. À mon grand étonnement, le port de l’orthèse s’avéra très bénéfique, car je ne me faisais plus mal en bougeant et en ܛX[