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(Sexualité et vieillissement : Quel est le rôle de l’ergothérapeute? : Suite) P (PERMISSION)  L'intervenant introduit le sujet.  Ce niveau donne la permission au patient de parler de sexualité, mais cherche également son consentement pour explorer ce sujet.  Il est nécessaire d'être respectueux des limites établies par le patient et de ses expériences, ses valeurs et ses croyances.  Poser des questions ouvertes.  Impliquer le conjoint ou la conjointe dans la discussion.  Exemple de questions: « Plusieurs patients éprouvent des problèmes avec leur sexualité à mesure qu'ils vieillissent. Seriez-vous d'accord si je vous posais quelques questions sur votre fonctionnement sexuel? » LI (INFORMATION LIMITÉE)  Transmettre des informations sur l'impact que la maladie peut avoir sur la sexualité.  Expliquer les impacts de certains médicaments sur la sexualité.  Défaire les mythes associés à la sexualité.  Identifier, avec la personne âgée, les barrières qui l'empêchent d'avoir une intimité satisfaisante. SS (SUGGESTIONS SPÉCIFIQUES)  Fournir des positions sexuelles alternatives.  Présenter les différents traitements pharmacologiques et non pharmacologiques permettant d'améliorer la sexualité.  Donner des recommandations au patient ou à l'équipe de soins sur comment augmenter l'intimité.  Prise en charge complémentaire par un psychologue, un psychiatre ou un sexologue.  Étape appropriée pour les patients qui ont des problématiques sexuelles complexes ou qui ont une histoire d'abus sexuels. Figure A - Le modèle PLISSIT de Jack Annon (traduction libre) (Wallace, 2008) IT (THÉRAPIE INTENSIVE) RÉFLEXION SUR LES RÔLES DE L’ERGOTHÉRAPEUTE Pour assurer une prise en charge holistique de la personne âgée, l’ergothérapeute doit considérer les informations de nature sexuelle comme faisant partie du fonctionnement normal et comme étant une activité signifiante pour la personne. Comme la sexualité est un sujet délicat à aborder en thérapie, l’ergothérapeute doit permettre à son client d’exprimer ses valeurs et ses croyances en lien avec sa sexualité en développant une alliance thérapeutique basée sur la confiance et l’empathie. Dans cette relation, l’ergothérapeute doit se montrer rassurant et s’assurer de préserver la confidentialité des informations partagées (ACE, 2007). Puisque la sexualité est un élément signifiant dans le quotidien d’une personne, l’ergothérapeute est le mieux placé pour analyser cette activité afin de l’adapter aux capacités affectives, cognitives et physiques de l’aîné. Cela s’avère d’autant plus pertinent dans les milieux de vie ou de soins au sein desquels des aînés consentants et sexuellement actifs présentent des incapacités les empêchant d’avoir une vie sexuelle satisfaisante. Cependant, l’ergothérapeute doit s’assurer d’avoir la formation et les 24 connaissances nécessaires avant d’intervenir. Dans le cas contraire, le clinicien doit référer le client à un professionnel plus approprié (ex. : sexologue, psychologue, infirmière). Une approche interdisciplinaire est également essentielle afin de considérer l’avis des membres de l'équipe de traitante ainsi que celui du client, avant de sélectionner des stratégies d’intervention ou des recommandations (Bitzer,Platano,Tschudin et Alder, 2008). CONCLUSION La littérature démontre que les stratégies d’intervention proposées ont des impacts positifs sur l’identité sexuelle et le fonctionnement sexuel des personnes âgées. Ces résultats confirment que pour amener les personnes âgées à avoir une vie sexuelle satisfaisante, il est important d’agir sur d’autres éléments reliés à la sexualité tels que l’estime de soi, les relations de couple, l’image corporelle et la création de liens sociaux. Une prise en charge holistique requiert que l’ergothérapeute s’intéresse aux problématiques sexuelles qui ont un impact sur la santé et la qualité de vie des personnes âgées. Le défi actuel est de sensibiliser les professionnels de la santé à Erg-go! REVUE DES ERGOTHÉRAPEUTES DU QUÉBEC FÉVRIER 2015_NO.4 l’importance d’aborder la sexualité dans leurs interventions et de démontrer l’efficacité des stratégies proposées dans la littérature aux instances gouvernementales afin de rendre les services de santé sexuelle plus accessibles aux aînés. Pour joindre l’auteur : viviana.portilla.1@gmail.com RÉFÉRENCES Association canadienne des ergothérapeutes. (2007). Profil de la pratique de l’ergothérapie au Canada. CAOT Publications ACE : Ottawa. Baldissera, V. D. A., Bueno, S. M. V. et Hoga, L. A. K. (2012). Improvement of older women's sexuality through emancipatory education. Health Care for Women International, 33(10), 956-972. Bitzer, J., Platano, G., Tschudin, S. et Alder, J. (2008). Sexual counseling in elderly couples. Journal of Sexual Medicine, 5(9), 2027-2043. Bussières, Y., et coll. (2006). Le vieillissement de la population : une nouvelle spécificité québécoise. Repéré à http://www.fqrsc.gouv.qc.ca/upload/editeur/resultats-recherche/Fiche_Bussiere.pdf Couldrick, L. (2005). Sexual Expression and Occupational Therapy. The British Journal of Occupational Therapy, 68(7), 315-318. Couldrick, L. (1999). Sexual Issues within Occupational Therapy, Part 2: Implications for Education and Practice. 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