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DOSSIER fi ques" ou encore les enfants "extraordinaires", ces der- niers termes font plus partie du vocabulaire accepté de nos jours. Les mots utilisés dé- montrent nos diffi cultés à par- ler d’une même personne. Pour parler de pratiques cette fois, on utilise régulièrement "inclusion" ou "intégration". Même réalité ? INCLUSION OU INTÉGRATION : CHOU VERT ET VERT CHOU ? Les mots, qu’on le veuille ou non, sont porteurs de sens. "Handica- pé" sera pris comme injurieux. De la "personne handicapée" à celle "porteuse de handicap" en passant par "à besoins spéci- Un petit dessin valant mieux qu’un long discours, celui-ci visualise quatre formes orga- nisationnelles. Refuser l’inscription d’un enfant sur base de ses besoins spéci- fi ques est encore courant (Ex- clusion) : les activités, les infras- tructures ou l’encadrement "ne le permettent pas" et les parents sont dirigés vers un milieu d'ac- cueil spécialisé, lorsqu’il existe (Séparation). S’adapter aux besoins spéci- fi ques nécessite nécessaire- ment des efforts. Dans le cadre de l’intégration, ces efforts sont essentiellement centrés sur l’en- fant : il est un "problème" et des mesures sont prises pour qu’il puisse s’adapter et vivre l’ac- cueil comme les autres. Envisager l’inclusion, c’est pla- cer la réfl exion au niveau de la structure d’accueil dans une perspective d’accueil de la di- versité. "Au Québec, le parent ne demande pas si on peut accueillir son enfant, il informe le MA des besoins spécif iques éventuels", nous disait Chloé, formatrice d’animateurs à l’Association des Camps du Québec, en mai dernier lors de notre voyage au Canada ("On se forme ! Sous quelle forme ?", dossier du GOM 83 d’avril 2016 sur www.coala.be). "Ce n’est pas tant une approche philosophique qu’un droit humain : le droit aux loisirs", poursuivait-elle dans nos échanges sur place. "En formation, on explique l’aspect légal, les responsabilités des camps ainsi que les besoins particuliers qu’on risque de rencontrer. Pas question de refuser un enfant uniquement sur base de ses besoins particuliers ! Ici, nous avons la notion "d’accommodement raisonnable" qui s’impose à tout PO. L’accommodement raisonnable est un moyen utilisé pour faire cesser une situation de discrimination fondée sur le handicap, la religion, l’âge ou tout autre motif interdit par la Charte des droits et libertés de la personne." 12